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Biographie 2

(1494-1553) Rabelais étudia la théologie qu’il trouva absurde, et il se mit au grec et aux lettres, ce qui fit de lui un humaniste, fréquentant les grands savants de cette époque. Il écrivit même en 1521 à Guillaume Budé, brillant savant, qui fit tant pour la Renaissance des Belles Lettres en Europe. Il quitta les Franciscains - anti-intellectualistes- pour se réfugier chez les Bénédictins, avec l’autorisation du Pape. Il quitta son froc de moine pour étudier à l’Université à Paris d’abord, et dans plusieurs villes ensuite ; puis il obtint un diplôme de médecine à Montpellier, devint médecin à Lyon et écrivit Pantagruel en 1532. En 1533, des placards ayant été affichés dans Paris et sur la porte de la chambre du Roi à Amboise, contre la messe, le pape et les cardinaux, Rabelais dut quitter Lyon, car sa réputation de libre penseur pouvait le faire suspecter d’hérésie. Il se trouva à Ferrare, en Italie, sous la protection de la duchesse, obtint le pardon du Pape pour son abandon de l’état de moine, et rejoignit le poète et cardinal Du Bellay à Lyon. Après son cours de médecine où il disséqua un cadavre de pendu, il faillit être pendu lui-même par l’irascible cardinal de Tournon. En 1543, ses deux livres, Gargantua et Pantagruel sont condamnés par la Sorbonne. Le Tiers Livre fut condamné en 1546. Il fut protégé par le cardinal Odet de Châtillon (qui participera au Colloque de Poissy en 1561 avant de se convertir au protestantisme). En 1552, son Quart Livre fut censuré par la Sorbonne et par ordre du Parlement. En 1553, Rabelais renonça aux deux cures qu’il avait conservées, quelques mois avant sa mort. Sa vie tout entière fut orientée afin de ne pas faire partie de ces "inutiles fardeaux de la terre" : ceux qui se contentent d’un savoir tout fait (théologique à cette époque) sans pratiquer l’ouverture d’esprit de la vraie connaissance : celle qui prend ses sources partout où l’on peut apprendre (dans le Grec ancien qu’on redécouvrait, comme dans l’expérience). Savoir, oui, mais savoir en conscience, c’est-à-dire en prenant la peine d’examiner et de comprendre, en réfutant ce qui est altéré ou faux. Homme de la Renaissance, opposant la beauté et la lumière de la connaissance à l’aveuglement des "désoeuvrés, incapables, indolents, ignorants, vicieux" (Lettre à Budé), libre penseur par étude, proche de la Réforme tout en prenant ses distances de la religion, il écrivit : "Science, sans conscience, n’est que ruine de l’âme". Science sans conscience : comme à la Sorbonne de l’époque, où un pseudo-savoir fait de traditions altérées permettait, dans un galimatias, des joutes d’insensés ou seulement guidées par les intérêts et les jalousies (la ruine de l’âme), au lieu que la fonction du savoir obtenu à la lumière de la raison est d’éclairer la marche de l’humanité.
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