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Carnet de voyage : Rome et la Campanie

Lundi 27 mars : Vous prenez une dose de stress, des valises préparées deux semaines à l’avance, des papiers d’identité passés au peigne fin, des profs anxieux, des élèves enthousiastes, un rendez-vous à la gare, un train couchettes. Puis, vous ajoutez beaucoup de bonne humeur. Vous mélangez bien le tout et on arrive à un départ bien réussi pour un voyage de folie. Mardi 28 mars : Nous voici devant les thermes de Caracalla. Ma première surprise a été tout d’abord la taille monumentale du site. Ces thermes ont été construits par l’empereur Caracalla en 212 après JC. Là, nous nous livrons au parcours du parfait Romain : passage par l’apodyterium (vestiaire) où nous imaginons nous déshabiller ; nous nous rendons ensuite sur une des palestres pour un peu d’exercice, avant de nous faire masser, épiler, suer, racler par quelque esclave bienveillant. Voici ensuite les bains : caldarium (bain chaud), tepidarium (bain tiède), frigidarium (bain froid). Le soin du corps est achevé. Reste l’esprit à nourrir : conversation, lecture dans les bibliothèques du site, discours à écouter çà et là... Mens sana in corpore sano ! Petit repas au restaurant puis nous prenons la direction du Colisée, cette fois-ci accompagnés d’un guide.
Le symbole même de l’Empire romain. J’avais déjà vu plusieurs reportages sur ce site. Un splendide chef d’œuvre d’architecture, construit en 80 après JC. J’ai trouvé le système des vomitoria avec escaliers en pente très astucieux pour faciliter l’évacuation des spectateurs. On devrait s’en inspirer dans les grands stades actuels. A la vue d’un morceau d’arène reconstitué, la musique du film Gladiator retentit dans ma tête. Mais elle fut rapidement dissipée par la voix du guide. Il parlait assez vite et marchait de même. Je doute même que notre chère Adèle ait pu prendre correctement en notes tout ce qu’il dit. Je passai, pour ma part, le nez dans mon bloc notes, l’oreille collée sur l’écouteur, sans suffisamment profiter du spectacle. Le Palatin était magnifique ! Pour moi, c’est presque l’Italie des livres, l’Italie paradisiaque. De la verdure, une petite brise et les vestiges des palais impériaux. Après avoir admiré le forum romain depuis le Palatin, nous nous rendons sur cette place, centre de la vie politique, religieuse, commerciale et judiciaire de la Rome antique. Les monuments s’alignent le long de la via sacra. Cette zone, marécageuse à l’origine, assainie par l’égout « cloaca maxima », soutient les arcs de Titus et de Septime Sévère, les temples de Vesta, d’Antonin et Faustine, la basilique de Maxence, la Curie, les rostres...C’est la fin de la journée. La fatigue a un peu pris le dessus. Il faudra y revenir. Le car nous attend au bord du Tibre : direction Fiuggi pour une première nuit à l’hôtel. Mercredi 29 mars : Départ en car pour la Solfatare, zone volcanique de la Campanie. Le sol était chaud et l’odeur nauséabonde, en raison des émanations de soufre. Des cratères de boue bouillonnante parsemaient ce paysage lunaire. Nous nous sommes livrés à quelques expériences de physique amusantes.
Ce site a inspiré à Lise ce petit récit mythologique : Dans les temps anciens, toute la planète était verdoyante et fleurie. En son temps, Solfa, le dieu de l’ennui, ne faisait rien. Il gênait les dieux à ne rien faire ; ses ronflements provoquaient des tremblements de terre. Zeus en eut assez. Il lui confia des travaux et lui jura que s’il ne les faisait pas, il serait châtié. Solfa essaya, mais en eut vite assez et s’arrêta pour dormir. Zeus le vit et l’envoya en terre hostile : la Solfatare. Site ennuyeux, dérangeant, puant, sifflant, brûlant, entouré d’une barrière d’arbres qui l’empêchait de sortir. Dérangé par tous ces sifflements, ces brûlures quand il essayait de s’allonger, il dut passer sa vie à marcher, sans plus jamais se reposer. Le car nous attend de nouveau : direction : Pompéi. Visite attendue de tous ! J’ai trouvé que cette cité ne manquait pas de charme. Pouvoir se promener dans une ville antique entière, si bien conservée, sortie de ses cendres après 1700 ans d’oubli, relève du rêve.
Parcourant les vestiges, je m’imaginais la vie quotidienne des romains au 1er siècle de notre ère. Je croquais et prenais des notes. J’ai adoré faire des croquis, surtout qu’ils étaient pour la plupart plutôt bien réussis. Soudain, alors que nous étions dans le théâtre, mon œil a glissé sur le bloc-notes d’Alicia. Toute la fierté que j’avais eue de mes dessins s’évanouit aussitôt. Il me restait donc beaucoup à apprendre... Même si la journée a été riche en découvertes de tout ordre, ce sont les moulages humains obtenus par infiltration de plâtre dans les cavités de la roche, qui m’ont le plus touchée. Même après des millénaires, elles expriment encore la terreur ressentie par la population au moment de l’éruption du Vésuve le 24 août 79. Jeudi 30 mars Herculanum : on a beaucoup parlé de cette ville en 4ème. Cela fait tout drôle de la découvrir en vrai ; en partie cependant, car la moitié de la ville antique seulement a été fouillée, le reste étant enfoui à un vingtaine de mètres de profondeur sous la ville moderne de Résina. Ici, les portes, les poutres, les outils, les machines en bois et même des morceaux de cordages ont été conservés. Pompéi a été ensevelie sous une pluie de pierres ponces et de cendres. Herculanum, elle, a disparu sous une coulée pyroclastique : la température est montée jusqu’à 3000°C mais, sans présence d’oxygène, le bois a carbonisé, sans se consumer. L’endroit que j’ai préféré : une domus située en face de la taberna, protégée par un grillage, envahie par la végétation, sous le soleil... L’après-midi, direction : le Musée archéologique de Naples. Le musée est très grand et très beau mais surtout très complet : sculptures grecques et romaines, mosaïques, fresques, objets de la vie quotidienne, maquette de Pompéi... Visite libre, mais non sans quelques consignes : il s’agissait de réaliser des croquis de statues représentant la force et le mouvement.
Nous retournons à Fiuggi pour passer à l’hôtel notre dernière nuit en Italie. Vendredi 31 mars : Dernière cité antique de notre voyage : Ostie. Cette ville a servi de port de ravitaillement à Rome en particulier après les aménagements réalisés par les empereurs Claude et Trajan. De la nécropole au théâtre, en passant par la place des corporations, les thermes, un mithraeum (temple dédié à Mithra, dieu d’origine orientale), le thermopolium (restauration rapide), les insulae (immeubles)... c’est une autre forme de cité romaine qui nous est donnée à voir, sous le soleil, dans la verdure, avec une guide passionnante. Mais la visite dure. La fatigue s’installe. La promesse du « quartier libre » de l’après-midi nous fait nous impatienter. Retour à Rome, et parcours, ensemble, de la Rome baroque : Place Navone, vraie merveille sous le soleil, avec sa fontaine aux quatre fleuves, sculptée par Le Bernin ;
le Panthéon et sa coupole impressionnante, la fontaine de Trévi, où nous n’avons pas manqué de jeter une pièce, de dos, pour être sûrs de revenir un jour dans la ville éternelle. Le temps de savourer une glace, d’acheter quelques pâtes en souvenir, et c’est l’heure de rejoindre la gare où nous attend le train...pour Paris. Samedi 1er avril : Mauvaise blague... Voici de nouveau le froid, la grisaille. Il faut se rendre à l’évidence : le voyage est bel et bien fini.

 
Carnets de bord croisés des élèves latinistes hellénistes de 3ème3 et 4


 

Et l’album du voyage :

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